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  4. Cours : Partir à l'aventure

Partir à l'aventure Cours

Sommaire

IDéfinition et structure du récit d'aventuresADéfinition du récit d'aventuresBLes personnages du récit d'aventuresCLa structure du récit d'aventuresIILe goût de l'aventureALe dépaysement géographique1Des lieux exotiques ou inquiétants2Des mondes inventésBLe dépaysement temporelIIILe lien entre le lecteur et le héros des récits d'aventuresAL'identification du lecteur au hérosBL'admiration du lecteur pour le hérosCLa transmission des valeursIVPrendre plaisir à lire les récits d'aventuresALe portraitBLe lexique

Ce contenu a été rédigé par l'équipe éditoriale de Kartable.

Dernière modification : 28/08/2025 - Conforme au programme 2025-2026

Le mot « aventure » signifie étymologiquement « ce qui est sur le point d'arriver ». Les récits d'aventures jouent sur l'attente du lecteur, le maintiennent en haleine grâce au suspense. Le récit d'aventures permet l'évasion et le dépaysement. Le lecteur éprouve du plaisir et s'identifie au héros.

I

Définition et structure du récit d'aventures

A

Définition du récit d'aventures

Récit d'aventures

Le récit d'aventures se base sur l'action en multipliant les aventures. Il repose sur le suspense puisque le héros, souvent masculin, est confronté à une situation dangereuse à laquelle il doit faire face en utilisant sa force, son courage, son intelligence. Le lecteur suit avec plaisir les aventures du héros.

Le jeune Jim Hawkins part à la recherche d'un trésor en embarquant à bord de l'Hispaniola. Lors de son arrivée sur l'île, il comprend que l'équipage n'est composé exclusivement que de truands, des pirates. Témoin du meurtre d'un marin par le redoutable Long John Silver, Jim Hawkins doit s'enfuir et user de ruse et de courage pour échapper aux pirates qui le poursuivent. Le lecteur partage pleinement son échappée. (L'Île au trésor, Robert Louis Stevenson, 1883)

Les récits d'aventures au XIXe siècle paraissent sous la forme de feuilletons dans des journaux ou dans des magazines spécialisés. La publication est souvent hebdomadaire. Les histoires sont pleines de rebondissements à chaque épisode. Cela maintient le suspense, le lecteur est tenu en haleine et souhaite découvrir la suite des aventures.

Le roman-feuilleton est l'ancêtre des séries télévisées attendues chaque semaine ou chaque mois par le téléspectateur.

B

Les personnages du récit d'aventures

Dans le récit d'aventures, on trouve des personnages types : le héros, les adjuvants qui l'aident et les opposants qui sont ses ennemis.

Héros

Le héros est le personnage dont on suit l'histoire. Il incarne des qualités comme la bravoure, la richesse, la bonté, la beauté.

Dans L'Île au trésor, le héros est Jim Hawkins. C'est un jeune garçon courageux. Il a pour but de découvrir un trésor.

Le héros, souvent jeune, part à l'aventure. L'expérience qu'il entreprend lui permet de grandir, d'apprendre, de découvrir le monde. Il fait preuve de curiosité, de dynamisme, de motivation pour explorer des horizons nouveaux et pour affronter les épreuves qui lui sont imposées durant son parcours. Le héros incarne donc différentes valeurs comme le courage, l'honnêteté, la générosité, etc.

Sur son parcours, le héros rencontre des adjuvants, c'est-à-dire des personnages qui l'aident à mener à bien ses aventures.

Adjuvant

L'adjuvant aide le héros au cours du récit. Il est souvent associé à des caractéristiques positives comme la bonté, la beauté, la générosité, le courage.

Dans L'Île au trésor, l'adjuvant du héros est Ben Gunn qui l'aide à trouver le trésor.

Parallèlement, le héros doit faire face à des opposants, c'est-à-dire des personnes qui l'empêchent d'avancer dans ses aventures.

Opposant

L'opposant est un personnage qui crée des difficultés pour le héros au cours du récit. Il est souvent associé à des caractéristiques négatives comme la méchanceté, la laideur, l'avarice, la lâcheté.

Dans L'Île au trésor, les opposants du héros sont Long John Silver et sa bande de pirates.

C

La structure du récit d'aventures

Le récit d'aventures repose sur une structure particulière : c'est le schéma narratif. Le déroulement des aventures suit des étapes précises : situation initiale, élément perturbateur, péripéties, élément de résolution, situation finale.

-

Situation initiale

La situation initiale correspond au début du récit d'aventures. Le cadre spatiotemporel est posé et les personnages présentés. La situation initiale répond aux questions : qui ? quand ? où ?

Un jeune homme… - traçons son portrait d'un seul trait de plume : figurez-vous don Quichotte à dix-huit ans, don Quichotte décorcelé, sans haubert et sans cuissards, don Quichotte revêtu d'un pourpoint de laine dont la couleur bleue s'était transformée en une nuance insaisissable de lie de vin et d'azur céleste. Visage long et brun ; la pommette des joues saillante, signe d'astuce ; les muscles maxillaires énormément développés, indice infaillible auquel on reconnaît le Gascon, même sans béret, et notre jeune homme portrait un béret orné d'une espèce de plume ; l'œil ouvert et intelligent ; le nez crochu, mais finement dessiné ; trop grand pour un adolescent, trop petit pour un homme fait, et qu'un œil peu exercé eût pris pour un fils de fermier en voyage, sans sa longue épée qui, pendue à un baudrier de peau, battait les mollets de son propriétaire quand il était à pied, et le poil hérissé de sa monture quand il était à cheval.

Alexandre Dumas

Les Trois Mousquetaires

1844

Le jeune d'Artagnan est issu d'une famille pauvre mais noble. Il quitte sa Gascogne natale pour se rendre à Paris et devenir mousquetaire. Dès l'ouverture du livre, le narrateur présente d'Artagnan en faisant de lui un portrait très péjoratif. Il le compare négativement et ironiquement à Don Quichotte, personnage du roman de Cervantès, jeune gentilhomme rêveur qui confondait sa vie avec les romans de chevalerie. D'Artagnan n'a rien de beau : son visage est trop émacié, on reconnaît ses origines gasconnes, son nez est « crochu », ses vêtements sont abîmés et ont perdu leur couleur d'origine. Il porte mal les armes. Le narrateur souligne quelques qualités (« signe d'astuce », « l'œil ouvert et intelligent ») qui sont annulées par tout le reste. En découvrant ce personnage, le lecteur ne peut que s'interroger sur son avenir tant il ne semble pas détenir les qualités du héros.

Élément perturbateur

L'élément perturbateur est l'action ou l'événement qui vient perturber la situation initiale. Il sert à faire démarrer l'action du récit d'aventures.

Comme il descendait de cheval à la porte du Franc Meunier, d'Artagnan avisa à une fenêtre du rez-de-chaussée un gentilhomme de belle taille et de haute mine, lequel causait avec deux personnes qui paraissaient l'écouter avec déférence. D'Artagnan crut tout naturellement, selon son habitude, être l'objet de la conversation. Cette fois d'Artagnan ne s'était trompé qu'à moitié : ce n'était pas de lui qu'il était question, mais de son cheval, et les auditeurs éclataient de rire à tout moment. […]
— Je ne ris pas souvent, Monsieur, mais je tiens cependant à conserver le privilège de rire quand il me plaît. » Et l'inconnu, tournant ses talons, s'apprêta à rentrer dans l'hôtellerie. Mais d'Artagnan n'était pas du caractère à lâcher ainsi un homme qui avait eu l'insolence de se moquer de lui. Il tira son épée entièrement du fourreau et se mit à sa poursuite en criant : « Tournez, tournez donc, monsieur le railleur, que je ne vous frappe point par derrière. »

Alexandre Dumas

Les Trois Mousquetaires

1844

Dès son arrivée à Paris, d'Artagnan est victime de moqueries à cause de son cheval petit, vieux et fatigué, donné par son père. D'Artagnan a du caractère, il ne se laisse pas faire : il ne supporte pas la moquerie injuste destinée à sa monture et à lui-même. Il souhaite donc que l'injustice soit réparée en proposant un duel de manière honnête c'est-à-dire sans prendre à défaut son adversaire (« Tournez, tournez donc, monsieur le railleur, que je ne vous frappe point par derrière. ») D'Artagnan se montre courageux, intègre et honnête. Le lecteur est dans l'attente de savoir qui va gagner ce duel : d'Artagnan ou son adversaire moqueur ? Est-ce ce duel qui va permettre à d'Artagnan de rejoindre la compagnie des mousquetaires, Athos, Porthos, Aramis ?

Péripétie

Les péripéties constituent le cœur des aventures vécues par les personnages. Ce sont les actions ou les événements que fait ou que subit le personnage principal.

D'Artagnan et les trois mousquetaires se voient confier plusieurs missions qui constituent des péripéties :

  • Ils doivent ramener les ferrets (objets métalliques décorant des souliers) à la reine.
  • Ils doivent retrouver Constance Bonacieux qui a été enlevée sur les ordres de Milady.
  • Ils font face au siège de La Rochelle.
  • Ils découvrent la véritable identité de Milady qui s'appelle Anne de Breuil.

Le romancier utilise souvent la technique du rebondissement pour relancer l'intrigue et multiplier les péripéties : un événement auquel personne ne s'attend survient et renverse la situation.

D'Artagnan, aidé des trois mousquetaires, aide la reine en allant lui chercher les ferrets qu'elle a donnés au duc de Buckingham. Pour compromettre d'Artagnan et pour le ralentir dans sa mission, Milady organise l'enlèvement de Constance Bonacieux dont d'Artagnan est amoureux.

Élément de résolution

L'élément de résolution, que l'on appelle aussi le « dénouement », correspond à la fin du récit d'aventures. C'est l'élément qui clôt le récit et permet de retrouver un équilibre qui correspond à la situation finale.

— Messieurs Porthos et Aramis, reprit Athos, vous qui êtes ses juges, quelle est la peine que vous portez contre cette femme ?
— La peine de mort, répondirent d'une voix sourde les deux mousquetaires.
Milady poussa un hurlement affreux, et fit quelques pas vers ses juges en se traînant à genoux.
Athos étendit la main vers elle.
— Anne de Breuil comtesse de La Fère, Milady de Winter, dit-il, vos crimes ont lassé les hommes sur la terre et Dieu dans le ciel. Si vous avez quelque prière, dites-la, car vous êtes condamnée et vous allez mourir.

Alexandre Dumas

Les Trois Mousquetaires

1844

Le cardinal est ridiculisé par d'Artagnan lors du bal. Il veut se venger et il demande l'aide de Milady. Ils enlèvent la femme que d'Artagnan aime, Constance. Les mousquetaires et d'Artagnan se retrouvent réunis. Ils jugent Milady et la condamnent à mort. Toutes ses identités sont révélées car elle leur aura joué plusieurs tours. D'Artagnan et ses compagnons sont des héros car ils ont réussi leurs aventures, ils ont mené à bien leurs missions en rétablissant l'ordre et l'honneur de la reine.

II

Le goût de l'aventure

Le récit d'aventures donne au lecteur le goût de l'aventure. Il sort de son quotidien pour vivre des aventures palpitantes, il est transporté dans des lieux géographiques nouveaux et dans une époque différente.

A

Le dépaysement géographique

1

Des lieux exotiques ou inquiétants

Le récit d'aventures peut se dérouler dans un lieu exotique, souvent très éloigné du lieu de vie du lecteur. Il s'agit souvent d'un lieu sauvage où la nature est indisciplinée et dangereuse.

Une haute forêt de sapins, sombre et oppressante, disputait son lit au fleuve gelé. Dépouillés de leur linceul de neige par une récente tempête, les arbres se pressaient les uns contre les autres, noirs et menaçants dans la lumière blafarde du crépuscule. Le silence était total. Le paysage morne, infiniment désolé, qui s'étendait jusqu'à l'horizon était au-delà de la tristesse humaine. […] Or, la vie défait le Wild. Sur le fleuve immobile, des chiens-loups tiraient un traîneau. Une croûte de neige glacée alourdissait leur épaisse fourrure.

Jack London

Croc-Blanc

1923

La nature du Grand Nord est très hostile : les arbres sont hauts et noirs, ils empêchent la lumière de passer et deviennent ainsi étouffants. Le paysage est recouvert de neige et de glace, il fait très très froid : « Une croûte de neige glacée alourdissait leur épaisse fourrure. »

Le récit d'aventures peut également se dérouler dans un lieu commun mais inquiétant, un lieu où on ne se rend pas forcément souvent : une maison abandonnée, un cimetière, etc.

Les arbres bruissaient sous la caresse du vent. Tom croyait entendre la plainte des âmes des morts, dérangées dans leur repos. Tout décontenancés, les deux gamins, parlant à voix basse, n'échangeaient que de rares réflexions. En un tel endroit, à pareille heure, le profond silence et l'ambiance d'austérité les paralysaient. Ils trouvèrent la tombe fraîchement creusée qu'ils cherchaient et se dissimulèrent dans un bouquet d'ormes à proximité.

Mark Twain

Les Aventures de Tom Sawyer

1876

Le cimetière fait peur, il est plongé dans l'obscurité, le silence y règne et c'est le monde des morts. Ce lieu est propre à provoquer le suspense et est parfait pour accueillir des aventures.

2

Des mondes inventés

Les auteurs de récits d'aventures peuvent également trouver leur inspiration en dehors de la réalité. Ils inventent alors des mondes nouveaux, des univers inventés et imaginaires qui fascinent le lecteur. C'est le cas dans le roman de « fantasy ».

Fantasy

Le mot « fantasy » signifie « imagination ». La « fantasy » est un genre littéraire qui présente un ou plusieurs éléments surnaturels, imaginaires. Ils sont combinés aux éléments merveilleux des contes, de l'univers médiéval, des mythes. La magie y est souvent utilisée.

Pris au piège dans une caverne, Bilbo le Hobbit découvre un mystérieux anneau. Son propriétaire, une créature nommée Gollum, le recherche. Mais cet anneau a un étrange pouvoir.

« Gollum s'élança en avant et s'en fut à grandes enjambées. Bilbo le suivit, toujours avec prudence, même s'il craignait surtout à présent de faire du bruit en trébuchant sur une autre saillie. Ses pensées s'agitaient dans un tourbillon d'espoir et de questionnements. L'anneau qu'il avait trouvé semblait être un anneau magique : il vous rendait invisible. »

J.R.R. Tolkien

Le Hobbit, (The Hobbit), trad. Francis Ledoux et Daniel Lauzon, Paris, © Christian Bourgeois [2012]

1937

Les éléments de la « fantasy » sont présents avec l'étrange créature qu'est le Gollum, l'anneau doté du pouvoir d'invisibilité et cette caverne effrayante par sa nature même, son obscurité et les bosses et les trous qui caractérisent son sol.

B

Le dépaysement temporel

Le récit d'aventures propose au lecteur un dépaysement temporel. Les aventures qui se déroulent dans un temps passé offrent la possibilité au lecteur de découvrir une autre époque éloignée de la sienne.

J.-H. Rosny aîné a écrit plusieurs romans sur la préhistoire dont La Guerre du feu (1909). Lorsqu'il écrit son œuvre, plusieurs sites archéologiques ont été découverts comme celui d'Altamira en 1902, des Eyzies en 1906 avec la découverte d'un squelette d'homme de Cro-Magnon. Rosny avoue s'être beaucoup documenté sur la Préhistoire.

L'écrivain peut choisir d'écrire une aventure à une autre époque que la sienne, mais il arrive aussi que le lecteur soit transporté dans un récit qui se déroule à une autre époque et a été écrit à cette époque : pour l'écrivain, il ne s'agissait donc pas d'un voyage dans le passé.

Robinson Crusoé est un roman d'aventures écrit par Daniel Defoe en 1719. L'auteur s'inspire très librement de l'histoire réelle d'Alexandre Selkirk, marin écossais abandonné sur une île déserte de l'océan Pacifique de 1704 à 1709. Le lecteur d'aujourd'hui est transporté dans une autre époque, mais Daniel Defoe n'a pas pensé projeter son lecteur dans le passé puisqu'il écrit au sujet d'une époque contemporaine à la sienne.

Alexandre Dumas a vécu au XIXe siècle. L'histoire des Trois Mousquetaires se situe au début du XVIIe siècle, lors la régence du roi Louis XIII, époux de la reine Anne d'Autriche. Louis XIII, monté sur le trône en 1610, âgé d'à peine 9 ans, gouverne la France avec l'aide de son Premier ministre, le cardinal de Richelieu. Alexandre Dumas écrit deux siècles plus tard. Il projette donc son lecteur dans un passé qu'il n'a pas vécu lui-même mais au sujet duquel il s'est énormément documenté pour écrire son roman.

III

Le lien entre le lecteur et le héros des récits d'aventures

Le lecteur suit avec exaltation les aventures du héros, il les vit par procuration. Le lecteur s'identifie au héros parce que c'est un être humain qui éprouve des sentiments, comme lui. Le lecteur admire les qualités morales et physiques du héros et est sensible aux valeurs qu'il transmet.

A

L'identification du lecteur au héros

Le héros est d'origine humaine et éprouve des sentiments humains. Il peut éprouver de la peur, de la détermination, de l'admiration, de la joie, de la colère, de l'amour, etc. Le lecteur peut s'identifier à lui : lui aussi connaît et éprouve ces sentiments.

Weedon Scott est le dernier maître de Croc-Blanc. Il parvient à apprivoiser l'animal sauvage, à le domestiquer, à l'apaiser, à lui faire oublier les mauvais traitements qu'il a pu recevoir car Weedon Scott est un homme doué de sensibilité et d'humanité. Le lecteur peut s'identifier à lui et comprend la relation de complicité qu'il tisse avec l'animal. (Croc-Blanc, Jack London, 1923)

Louis Cornbutte éprouve une très grande tristesse à la mort de son père emporté par le scorbut et une très grande joie à retrouver, Marie, sa fiancée pour qui il éprouve un amour fou. (Un hivernage dans les glaces, Jules Verne, 1874)

B

L'admiration du lecteur pour le héros

Le lecteur admire la force et le courage exemplaires du héros du récit d'aventures mais également ses qualités morales.

Dans le récit d'aventures, le héros fait preuve de courage et de détermination pour affronter les épreuves.

Henry et Bill, maîtres de sept chiens de traîneau, traversent les immenses et dures étendues désertes du Grand Nord.

« Là s'étendait le Wild, le Wild sauvage, gelé jusqu'aux entrailles, des terres du Grand Nord. […] À l'avant et à l'arrière du traîneux, insoumis, indomptés, luttaient donc les deux hommes qui n'avaient pas encore été vaincus par le Wild. Leurs corps étaient recouverts de fourrure et de cuir souple. Sur leurs paupières, leurs joues, leurs lèvres, les cristaux nés de la condensation de leur haleine formaient une couche si épaisse qu'il était impossible de les distinguer l'un de l'autre. Avec leurs masques livides ils faisaient songer à des spectres, à des fantômes de croque-morts conduisant dans un monde impossible les funérailles d'un fantôme de cadavre. Mais c'étaient des hommes bien réels, acharnés à survivre sur une terre désolée, silencieuse, meurtrière […] »

Jack London

Croc-Blanc

1906

Soumis à l'hostilité rude du Grand Nord, ces deux hommes doivent s'adapter à des conditions climatiques extrêmes. Ils déploient une énergie et une force incroyable pour les dépasser au point d'en perdre figure humaine comme le suggèrent les comparaisons « à des spectres, à des fantômes de croque-morts ».

Le héros du récit d'aventures fait preuve d'une force extraordinaire lui permettant de se battre avec des ennemis redoutables. Le lecteur est admiratif devant ces exploits physiques.

« Louis Cornbutte et André Vasling se saisirent chacun au collet, et se tinrent de façon à ne pouvoir reculer. Des deux l'un devait tomber mort. Ils se portèrent de violents coups, qu'ils ne parèrent qu'à demi, car le sang coula bientôt de part et d'autre. André Vasling cherchait à jeter son bras droit autour du coup de son adversaire pour le terrasser. Louis Cornbutte, sachant que celui qui tomberait était perdu, le prévint, et il parvint à le saisir de ses deux bras ; mais, dans ce mouvement, son poignard lui échappa de la main. […] les deux adversaires se sentirent saisis tous les deux dans une étreinte puissante. L'ours, descendu de la hune de misaine, s'était précipité sur ces deux hommes. André Vasling était appuyé contre le corps de l'animal. Louis Cornbutte sentait les griffes du monstre lui entrer dans les chairs. »

Jules Verne

Un hivernage dans les glaces

1874

Louis Cornbutte doit mener de front un double combat. Il lutte de manière acharnée contre André Vasling qui l'a fait passer pour mort afin de prendre sa place notamment dans le cœur de Marie. Il se venge pour faire entendre justice, le punir de sa trahison, pour sauver son honneur. En même temps, il doit sortir vivant de l'attaque de l'ours venu chercher de la nourriture auprès des hommes. Louis Cornbutte attire, par sa force et son courage, toute l'admiration du lecteur.

Dans le récit d'aventures, le héros est un être généreux qui n'hésite pas à risquer sa vie pour sauver celle des autres.

Michel Strogoff doit se rendre en Sibérie pour avertir le frère du tsar de Russie qu'une attaque se prépare contre lui. Michel Strogoff se retrouve pris au piège d'un très violent orage avec son conducteur et Nadia, une jeune femme rencontrée durant son voyage.

À ce moment, Michel Strogoff, s'élançant d'un bond hors du tarentass, lui vint en aide. Doué d'une force peu commune, il parvint non sans peine, à maîtriser les chevaux. Mais la furie de l'ouragan redoublait alors. […]
— Nous ne pouvons rester ici, dit Michel Strogoff.
— Nous n'y resterons pas non plus ! s'écria l'iemschik, tout effaré, en se raidissant de toutes ses forces contre cet effroyable déplacement des couches d'air. L'ouragan aura bientôt fait de nous envoyer au bas de la montagne, et par le plus court !
— Prends le cheval de droite, poltron ! répondit Michel Strogoff. Moi, je réponds de celui de gauche ! […]
— N'aie pas peur, Nadia ! cria Michel Strogoff.
— Je n'ai pas peur, répondit la jeune Livonienne, sans que sa voix trahît la moindre émotion.

Jules Verne

Michel Strogoff

1876

Le lecteur partage la peur ressentie par les personnages mise en évidence par le mot « effaré » et la répétition du mot « peur ». Mais Michel Strogoff fait preuve d'un courage inouï et d'une grande lucidité pour parvenir à prendre les choses en main : il donne des ordres sur les actions à mener, il rassure, il se soucie du bien-être de chacun. Il fait donc preuve de générosité et d'humanité pour ne pas délaisser ses compagnons de voyage.

Face à des situations périlleuses, le héros doit réfléchir et élaborer un plan afin de trouver la meilleure solution pour se tirer d'affaire. Il fait preuve d'intelligence et d'ingéniosité.

Pour entreprendre son voyage fou au centre de la Terre, le professeur Lidenbrock doit absolument déchiffrer un mystérieux parchemin et en résoudre l'énigme.

« C'est évidemment du runique, disait le professeur en fronçant le sourcil. Mais il y a un secret, et je le découvrirai, sinon… »
Un geste violent acheva sa pensée.
« Mets-toi là, ajouta-t-il en m'indiquant la table à oing, et écris. »
En un instant je fus prêt.
« Maintenant, je vais te dicter chaque lettre de notre alphabet qui correspond à l'un de ces caractères islandais. Nous verrons bien ce que cela donnera. Mais, par saint Michel ! garde-toi bien de te tromper ! » [...]
Quand ce travail fut terminé, mon oncle prit vivement la feuille sur laquelle je venais d'écrire, et il l'examina longtemps avec attention. [...]
Mon oncle releva ses lunettes, prit une forte loupe, et passa soigneusement en revue les premières pages du livre. Au verso de la seconde, celle du faux titre, il découvrit une sorte de macule, qui faisait à l'œil l'effet d'une tache d'encre. Cependant, en y regardant de près on distinguait quelques caractères à demi effacés. Mon oncle comprit que là était le point intéressant ; il s'acharna donc sur la macule et, sa grosse loupe aidant, il finit par reconnaître les signes. [...]
« Arne Saknussemm ! s'écria-t-il d'un ton triomphant, mais c'est un nom cela, et un nom islandais encore, celui d'u savant du XVIe siècle, d'un alchimiste célèbre ! »

Jules Verne

Voyage au centre de la Terre

1864

Pour déchiffrer le parchemin et pour trouver le nom du savant islandais, le professeur Lidenbrock fait preuve de réflexion, d'observation rigoureuse et méthodique. Il parvient ainsi à trouver la correspondance entre les lettres de l'alphabet runique et celles de l'alphabet latin. Il fait également preuve d'application comme le souligne l'adverbe « soigneusement ». Il prend son temps. La réflexion, l'intelligence, l'ingéniosité sont des qualités du héros qui lui permettent de se sortir de situations difficiles et, dans le cas du professeur Lidenbrock, de pouvoir effectuer son voyage au centre de la Terre.

C

La transmission des valeurs

Dans le récit d'aventures, le héros mûrit, il apprend beaucoup sur la vie et sur les relations humaines. Il transmet ainsi différentes valeurs positives au lecteur comme le partage, le don de soi ou la tolérance.

Le héros du récit d'aventures peut transmettre le sens du partage.

Dans Vendredi ou la Vie sauvage, publié en 1971, Michel Tournier met en avant le sens du partage. Naufragé sur l'île, Robinson rencontre, sauve un homme. Il l'appelle Vendredi. Les deux hommes vont apprendre l'un de l'autre. Robinson va lui enseigner ce qu'il sait, et Vendredi va faire de même. Grâce à Vendredi, Robinson va pouvoir s'adapter à la vie sauvage. Il partage tout avec Vendredi, sa nourriture, sa vie. Ils deviennent amis.

Le héros peut aussi transmettre le sens du don de soi en amour ou en amitié.

« C'est alors qu'il (Robinson) comprit qu'il ne quitterait jamais l'île. Ce Whitebird avec ses hommes, c'était l'envoyé d'une civilisation où il ne voulait pas retourner. Il se sentait jeune, beau et fort, à condition de demeurer à Speranza avec Vendredi. Sans le savoir, Joseph et Hunter lui avaient appris que pour eux, il avait cinquante ans. S'il s'en allait avec eux, il serait un vieil homme aux cheveux gris, à l'allure digne, et il deviendrait bête et méchant comme eux. Non, il resterait fidèle à la vie nouvelle que lui avait enseignée Vendredi. »

Michel Tournier

Vendredi ou la Vie sauvage, Paris, © Gallimard

1971

Robinson, après avoir reçu l'amitié totale de Vendredi, lui fait don de la sienne et de sa présence en préférant rester vivre à ses côtés, sur l'île, dans une vie vraie, sincère, sans artifice ni compromission.

Enfin, le héros du récit d'aventures fait preuve de tolérance.

Au XVIIIe siècle, Cora et Alice, accompagnées de deux soldats britanniques, vont rejoindre leur père dans une région du Nord de l'Amérique où les Hurons, des Indiens hostiles aux Anglais sont une menace permanente. Pour leur expédition, les quatre voyageurs sont escortés par Œil de Faucon et ses amis Mohicans. Tous se retrouvent à deux pas des Hurons.

Les deux sauvages étaient si près qu'ils auraient pu entendre le moindre mouvement des chevaux. Pourtant, leur esprit semblait captiver par la découverte du tombeau. Ils continuaient à parler entre eux, à voix basse, dans une atmosphère quasi religieuse, et paraissaient habités d'une sorte d'appréhension. Enfin, ils s'éloignèrent avec précaution, guettant avec inquiétude l'apparition d'un quelconque esprit des morts enterrés là ; puis ils disparurent sous les fourrés.

Déposant son arme, Œil de Faucon poussa un profond soupir. Il éprouvait le besoin de renouveler l'air de ses poumons.
— Ils respectent leurs morts, dit-il. Et c'est ce qui leur sauve la vie, pour cette fois, et aussi la nôtre.

James Fenimore Cooper

Le Dernier des Mohicans

1826

Même si les Hurons sont de redoutables ennemis, Œil de Faucon a l'intelligence de leur reconnaître une forme de respect à l'égard de leurs morts. Il fait preuve d'honnêteté et de tolérance en reconnaissant leur bonne action.

IV

Prendre plaisir à lire les récits d'aventures

Un récit d'aventures n'est pas seulement une suite d'éléments perturbateurs ou de péripéties. L'auteur construit un univers particulier relatif à l'aventure pour créer des effets chez le lecteur. Le lecteur peut et doit prendre plaisir à la lecture.

A

Le portrait

Portrait

Le portrait est une description physique et/ou morale d'un personnage. Le portrait permet au lecteur de créer le personnage dans son imagination à l'aide du vocabulaire employé.

Ishmaël vient d'arriver au port de New Bedford car il souhaite s'engager sur un baleinier. Il décide de passer la nuit dans une auberge et doit partager son lit avec un mystérieux harponneur indien du nom de Queequeg.

Mon Dieu, quel spectacle ! Quel visage ! D'une couleur sombre, ocre, violacée, recouverte ça et là de grands carrés noirâtres. Oui, c'est bien ce que je pensais, un terrible compagnon de lit ! Il s'est bagarré, a été affreusement balafré, et le voici devant moi, tout juste revenu d'entre les mains du chirurgien !
Mais au moment où il se tourna vers la lumière, je vis clairement que ces grands carrés noirs qu'il avait sur les joues ne pouvaient pas être des pansements. [Le narrateur se rend compte que ce sont des tatouages.] Après tout ! pensai-je. Il ne s'agit que de son apparence ; on peut être un honnête homme dans n'importe quelle peau. […]

Il continuait de se déshabiller, et je pus voir sa poitrine et ses bras. Je vous le jure : ces parties de son corps étaient couvertes des mêmes carrés sombres que son visage ; son dos, également. On aurait dit qu'il venait de s'enfuir d'une guerre de Trente Ans, avec de larges pansements en guise de chemise. Ses jambes aussi étaient couvertes de marques, comme si des colonies de grenouilles vert sombre grimpaient sur des troncs de jeunes palmiers.

Herman Melville

Moby Dick

1851

Dans cet extrait, la description des blessures et balafres de Queequeg produit un sentiment de frayeur chez le narrateur et chez le lecteur. La description physique minutieuse du haut vers le bas donne l'impression que le lecteur découvre l'Indien en même temps que le narrateur. La description terrifie presque le narrateur et le lecteur (« balafres », « terrible », « carrés noirs », « guerre », « pansements », « marques »).

Autoportrait

Un autoportrait est un portrait qu'un personnage fait de lui-même. L'autoportrait permet au héros de se présenter lui-même au lecteur et ainsi de lui prendre la main, dans l'imaginaire de l'histoire, pour l'inviter à vivre l'aventure avec son lecteur.

Le Club de l'Ours est une série d'aventures qui se déroulent dans un monde de magie peuplé de créatures merveilleuses. Dans la première aventure, la jeune Stella Pearl devient officiellement la première exploratrice féminine du très sélect « Club des Ours Polaires », grâce à son père adoptif, Félix, qui lui demande ici de prononcer un discours pour son intronisation.

Moi, Stella Flocus Pearl, je jure solennellement d'explorer des terres lointaines, des mers inconnues, des jungles exotiques et des déserts interdits. Je jure de braver des monstres féroces, des pirates sanguinaires, des bêtes sauvages et des tempêtes terribles. Je jure d'essayer d'étendre les limites de la connaissance humaine, de découvrir de nouvelles merveilles et de commettre des actes de bravoure. Toutes mes découvertes, scientifiques ou non, seront faites au nom de la reine et de ma patrie, et pour l'honneur du vénérable Club de l'Ours Polaire. Sous le vent, la pluie, la neige ou la grêle, je jure de demeurer imperturbable, de garder mon sang-froid et de poursuivre ma route. Je jure de me conduire en homme d'honneur à tout moment et de faire en sorte que mon col soit bien repassé et ma moustache bien peignée, même dans ces moments de danger et d'angoisse que rencontrent inévitablement les explorateurs intrépides tout autour du monde.

Alex Bell

Le Club de l'Ours Polaire

2018

Dans cet extrait, Stella dresse son autoportrait en insistant sur la solennité de son discours (anaphore « je jure »). Elle emploie le lexique de la témérité (« braver », « étendre les limites », « demeurer imperturbable », « garder mon sang froid »). Elle y évoque aussi les nombreux dans qui l'attendent « bêtes sauvages », « tempêtes », « pirates sanguinaires », « monstres féroces »). Stella énumère également les qualités qui feront d'elle une héroïne extraordinaire (« actes de bravoure », « sous le vent, la pluie, la neige ou la grêle, je jure de demeurer imperturbable », « intrépides »). En ce sens, elle invite le lecteur à la suivre dans ses aventures et entreprend d'exciter le plaisir à lire ses aventures.

B

Le lexique

Le registre épique est employé dans les récits d'aventures pour mettre en avant les hauts faits et les grands exploits du héros. Qu'il s'agisse d'un portrait, d'un danger imminent ou d'un combat, le narrateur emploie un vocabulaire adapté pour créer des émotions et des sentiments chez le lecteur.

Le mot « épique » désigne le registre utilisé dans une épopée. L'épopée est un récit qui relate les grands exploits et les aventures du héros.

Les plus anciennes épopées sont l'Iliade (qui relate la guerre de Troie) et l'Odyssée (qui raconte les aventures d'Ulysse, le premier aventurier dans la littérature) d'Homère, écrites en vers, au VIIIe siècle avant J.-C.

Pour rendre compte des dangers auxquels font face les personnages, le narrateur emploie le vocabulaire de l'aventures et du danger.

Le premier est une falaise verticale qu'aucun mortel ne peut escalader : à son flanc, l'ouverture sombre d'une caverne. C'est l'habitation de Scylla, monstre horrible à six longs cous. Au bout de chaque cou, une tête horrible et affamée s'abaisse pour arracher une victime à tout navire qui passe. L'autre falaise est plus basse, mais encore plus dangereuse. Là vit la redoutable Charybde, aspirant les eaux trois fois par jour, et les vomissant ensuite. Bien que Scylla doive saisir six de ses matelots pour en nourrir ses six têtes, il est cependant préférable de passer de son côté plutôt que de l'autre. Ulysse ne dit rien de Scylla à l'équipage, car il ne veut pas que ses hommes soient pris de panique et se cachent. Ils continuent donc droit vers Charybde. Ils passent à côté au moment où elle rejette l'eau bouillonnante. Les hommes ne regardent même pas du côté de Scylla ; mais les six têtes sont projetées en avant et saisissent six des meilleurs matelots. Alors qu'ils sont enlevés en l'air, ils appellent désespérément Ulysse au secours, mais les longs cous jettent les hommes dans la caverne où Scylla les dévore.

Homère

Odyssée

VIIIe siècle avant J.-C.

Après avoir prévenu Ulysse qu'il rencontrerait les Sirènes, Circé lui décrit deux monstres vivant dans des rochers entre lesquels son bateau devra passer. Il va devoir choisir lequel affronter. Ulysse doit affronter deux dangers : les monstres Charybde et Scylla. Les adjectifs « horrible », « affamée », « dangereuse », « redoutable » provoquent des sentiments d'effroi, de terreur, de crainte chez le lecteur. Qu'adviendra-t-il d'Ulysse ? À cela s'ajoute l'émotion qui en découlerait (« pris de panique ») et des verbes d'action et des adverbes indiquant la terreur des personnages (« désespérément », « regardent », « dévore »). Le lexique du danger crée de l'émotion chez le lecteur car il craint pour la vie du héros face à de terribles dangers.

Pour vaincre un danger, un combat est souvent nécessaire : il met à l'épreuve le héros ou l'héroïne dans une aventure souvent périlleuse. Le lecteur ressent de la crainte et de la peur pour le héros, puis de la fierté une fois le combat terminé.

En 1866, trois compagnons de voyage, le professeur Aronnax, le narrateur, spécialiste des fonds marins, son domestique Conseil et le harponneur canadien Ned Land, entament un tour du monde à bord du Nautilus, un formidable sous-marin révolutionnaire que commande le capitaine Nemo. Au cours de leur voyage, l'équipage doit faire face à des poulpes géants. Un marin est alors attrapé par un bras de l'une des créatures.

C'était horrible.

Un instant, je crus que le malheureux, enlacé par le poulpe, serait arraché à sa puissante succion. Sept bras sur huit avaient été coupés. Un seul, brandissant la victime comme une plume, se tordait dans l'air. Mais au moment où le capitaine Nemo et son second se précipitaient sur lui, l'animal lança une colonne d'un liquide noirâtre, sécrété par une bourse située dans son abdomen. Nous en fûmes aveuglés. Quand ce nuage se fut dissipé, le calmar avait disparu, et avec lui mon infortuné compatriote !

Quelle rage nous poussa alors contre ces monstres ! On ne se possédait plus. Dix ou douze poulpes avaient envahi la plateforme et les flancs du Nautilus. Nous roulions pêle-mêle au milieu de ces tronçons de serpents qui tressautaient sur la plate-forme dans des flots de sang et d'encre noire. Il semblait que ces visqueux tentacules renaissaient comme les têtes de l'hydre. Le harpon de Ned Land, à chaque coup, se plongeait dans les yeux glauques des calmars et les crevait.

Jules Verne

Vingt mille lieues sous les mers

1870

Les verbes d'action, les énumérations participent à créer de la tension, du suspense dans le combat qui oppose les poulpes aux personnages. Le lexique du combat est mis en lumière (« se précipitaient », «avaient envahi », « tressautaient », « flots de sang », « crevait »). Le combat s'étend sur plusieurs lignes dans la narration : le lecteur a l'impression que les héros ne viendront jamais à bout de ces poulpes !

Les figures de style

Les figures de style sont des procédés d'écriture. Elles mettent en relief tout ou partie de la phrase et ainsi accentuent l'effet que le narrateur souhaite produire sur son lecteur. Il existe des procédés d'insistance, de répétition, d'exagération, de ressemblance.

Elle a la peau blanche comme la neige.

La comparaison « comme la neige » permet de comparer la blancheur de sa peau à la couleur blanche de la neige et met en relief la pureté du personnage.

– Bon, nous voilà arrivés ! reprit le premier.
– Plus loin, plus loin, dit l'autre, tu ais bien que le dernier est resté en routé, brisé sur les rochers, et que le gouverneur nous a dit le lendemain que nous étions des fainéants.
On fit encore quatre ou cinq pas en montant toujours, puis Dantès sentit qu'on le prenait par la tête et par les pieds et qu'on le balançait.
– Une, dirent les fossoyeurs.
– Deux.
– Trois !
En même temps, Dantès se sentit lancé, en effet, dans un vide énorme, traversant les airs comme un oiseau blessé, tombant tombant toujours avec une épouvante qui lui glaçait le cœur. Quoique tiré en bas par quelque chose de pesant qui précipitait son vol rapide, il lui sembla que cette chute durait un siècle. Enfin, avec un bruit épouvantable, il entra comme une flèche dans une eau glaçante qui lui fit pousser un cri, étouffé à l'instant même par l'immersion.

Alexandre Dumas

Le Comte de Monte-Cristo

1846

Au début du XIXe siècle, le jeune Edmond Dantès se trouve injustement emprisonné au château d'If au large de Marseille. Un jour, son voisin de cellule, l'abbé Faria meurt. Dantès choisit de prendre sa place dans le sac que les gardes doivent emporter au cimetière du château d'If, c'est-à-dire la mer. Ils arrivent à flanc de falaise.

Dans ce texte, le narrateur raconte la mésaventure du héros grâce à de nombreuses figures de style :

  • L'énumération (juxtaposition de groupes de mots séparés par des virgules) dans la phrase « En même temps, Dantès se sentit lancé, en effet, dans un vide énorme, traversant les airs comme un oiseau blessé, tombant toujours avec une épouvante qui lui glaçait le cœur » donne l'impression que le héros étouffe dans son sac.
  • La comparaison (point de ressemblance entre deux éléments) « traversant les airs comme un oiseau blessé » compare Dantès à un oiseau car il s'envole dans les airs depuis qu'il a été jeté par-dessus la falaise. L'autre comparaison « il entra comme une flèche dans une eau glaçante » permet de mettre en lumière la rapidité de l'action.
  • L'hyperbole (procédé d'exagération, d'amplification) « il lui sembla que cette chute durait un siècle » permet d'insister sur la lente chute de Dantès. Le lecteur a l'impression que la chute est en suspens, que Dantès ne tombera jamais.

Ces procédés littéraires contribuent à développer le suspense dans l'action. Le lecteur prend peur pour le héros et se pose des questions quant à l'issue de la vie du héros dumasien.

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