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  4. Exposé type bac : Aussi le Soleil est-il placé dans le centre

Aussi le Soleil est-il placé dans le centre Exposé type bac

Sommaire

IPremier mouvement : « Aussi… voulu »IIDeuxième mouvement : « Je ne trouve point… toute la nature »IIITroisième mouvement : « J'avoue… des mondes ? »

Ce contenu a été rédigé par l'équipe éditoriale de Kartable.

Dernière modification : 21/10/2026 - Conforme au programme 2026-2027

Aussi le Soleil est-il placé dans le centre, qui est le lieu le plus commode d'où il puisse la distribuer également, et animer tout par sa chaleur. Le Soleil est donc un corps particulier, mais quelle sorte de corps ? On est bien embarrassé à le dire. On avait toujours cru que c'était un feu très pur ; mais on s'en désabusa au commencement de ce siècle, qu'on aperçut des taches sur sa surface. Comme on avait découvert, peu de temps auparavant, de nouvelles planètes, dont je vous parlerai, que tout le monde philosophe n'avait l'esprit rempli d'autre chose, et qu'enfin les nouvelles planètes s'étaient mises à la mode, on jugea aussitôt que ces taches en étaient, qu'elles avaient un mouvement autour du Soleil, et qu'elles nous en cachaient nécessairement quelque partie, en tournant leur moitié obscure vers nous. Déjà les savants faisaient leur cour de ces prétendues planètes aux princes de l'Europe. Les uns leur donnaient le nom d'un prince, les autres d'un autre, et peut-être il y aurait eu querelle entre eux à qui serait demeuré le maître des taches pour les nommer comme il eût voulu.

Je ne trouve point cela bon, interrompit la Marquise. Vous me disiez l'autre jour qu'on avait donné aux différentes parties de la Lune des noms de savants et d'astronomes, et j'en étais fort contente. Puisque les princes prennent pour eux la Terre, il est juste que les savants se réservent le ciel, et y dominent, mais ils n'en devraient point permettre l'entrée à d'autres. Souffrez, répondis-je, qu'ils puissent, du moins en cas de besoin, engager aux princes quelque astre, ou quelque partie de la Lune. Quant aux taches du Soleil, ils n'en purent faire aucun usage. Il se trouva que ce n'étaient point des planètes, mais des nuages, des fumées, des écumes qui s'élèvent sur le Soleil. Elles sont tantôt en grande quantité, tantôt en petit nombre, tantôt elles disparaissent toutes ; quelquefois elles se séparent, quelquefois elles sont plus claires, quelquefois plus noires. Il y a des temps où l'on en voit beaucoup, il y en a d'autres, et même assez longs, où il n'en paraît aucune. On croirait que le Soleil est une matière liquide, quelques-uns disent de l'or fondu, qui bouillonne incessamment, et produit des impuretés, que la force de son mouvement rejette sur sa surface ; elles s'y consument, et puis il s'en produit d'autres. Imaginez-vous quels corps ce sont là, il y en a tel qui est dix-sept cent fois plus gros que la Terre ; car vous saurez qu'elle est plus d'un million de fois plus petite que le globe du Soleil. Jugez par là quelle est la quantité de cet or fondu, ou l'étendue de cette grande mer de lumière et de feu. D'autres disent, et avec assez d'apparence, que des taches, du moins pour la plupart, ne sont point des productions nouvelles, et qui se dissipent au bout de quelque temps, mais de grosses masses solides, de figure fort irrégulière, toujours subsistantes, qui tantôt flottent sur le corps liquide du Soleil, tantôt s'y enfoncent ou entièrement ou en partie, et nous présentent différentes pointes ou éminences, selon qu'elles s'enfoncent plus ou moins, et qu'elles se tournent vers nous de différents côtés. Peut-être font-elles partie de quelque grand amas de matière solide qui sert à aliment au feu du Soleil. Enfin quoi que ce puisse être que le Soleil, il ne paraît nullement propre à être habité. C'est pourtant dommage, l'habitation serait belle. On serait au centre de tout, on verrait toutes les planètes tourner régulièrement autour de soi, au lieu que nous voyons dans leur cours une infinité de bizarreries, qui n'y paraissent que parce que nous ne sommes pas dans le lieu propre pour en bien juger, c'est-à-dire, au centre de leur mouvement. Cela n'est-il pas pitoyable ? Il n'y a qu'un lieu dans le monde, d'où l'étude des astres puisse être extrêmement facile, et justement dans ce lieu-là, il n'y a personne. Vous n'y songez pas, dit la Marquise. Qui serait dans le Soleil, ne verrait rien, ni planètes, ni étoiles fixes. Le Soleil n'efface-t-il pas tout ? Ce seraient ses habitants qui seraient bien fondés à se croire seuls dans toute la nature.

J'avoue que je m'étais trompé, répondis-je, je ne songeais qu'à la situation où est le Soleil, et non à l'effet de sa lumière ; mais vous qui me redressez si à propos vous voulez bien que je vous dise que vous vous êtes trompée aussi ; les habitant du Soleil ne le verraient seulement pas. Ou ils ne pourraient soutenir la force de sa lumière, ou ils ne la pourraient recevoir, faute d'en être à quelque distance, et tout bien considéré, le Soleil ne serait qu'un séjour d'aveugles. Encore un coup, il n'est pas fait pour être habité ; mais voulez-vous que nous poursuivons notre voyage des mondes ?

Fontenelle

Entretiens sur la pluralité des mondes

1686

I

Premier mouvement : « Aussi… voulu »

Dans ce passage, le Soleil occupe une situation particulière et il est en cela l'objet de plusieurs questionnements. Sa nature reste indéterminée. L'emploi du pronom « on » souligne cette indétermination.

L'utilisation du pronom « on » montre également que le savant, le philosophe, demeure toujours dans une position de recherche, de travail, de questionnement. La raison est importante et l'esprit critique est recherché dans cette démarche scientifique.

La mention des « princes d'Europe » réfère à la place des Sciences au XVIIe siècle :

  • La création des Académies soutenait et permettait les recherches.
  • Les savants avaient besoin de mécènes afin de mener à bien leurs recherches et de pouvoir vivre.
  • La politique s'empare également de la science car le « Prince » pouvait se vanter des recherches et des découvertes effectuées dans son royaume ; cela renforçait son pouvoir.
II

Deuxième mouvement : « Je ne trouve point… toute la nature »

La réplique de la Marquise souligne tout l'intérêt qu'elle porte à ces « entretiens ». Elle manifeste un intérêt vif pour ces derniers. Son dynamisme intellectuel n'est pas uniquement basé sur l'écoute mais sur une participation active comme le suggèrent ses réflexions, ses prises de position.

Fontenelle montre par là que les femmes du XVIIe siècle, éloignées de toute instruction, sont capables d'accéder à la nourriture intellectuelle (outre les salons qu'elles peuvent admirablement bien tenir).

Le narrateur philosophe revient sur le fonctionnement du système solaire et développe les théories de Copernic : les planètes tournent autour du Soleil et non l'inverse. La théorie de l'héliocentrisme avait été vérifiée par Galilée au XVIIe siècle (qui fut d'ailleurs victime de censure et qui a dû nier ses découvertes sous la pression de l'Église).

Le philosophe évoque les caractéristiques du Soleil et l'existence de ces taches : « des nuages, des fumées, des écumes ». L'accumulation des alternatives montre ses propres incertitudes et les recherches qui sont en cours. En outre, le Soleil ne peut donc être habité même s'il a une position exceptionnelle qui permettrait d'avoir une excellente vue sur l'ensemble des planètes.

La phrase est construite sur un rythme ternaire avec la répétition de « tantôt » (au total 3 fois dans la phrase) et de « quelquefois » (au total 3 fois dans la phrase) pour montrer les différentes possibilités de la recherche scientifique.

On peut noter l'utilisation d'une métaphore pour rendre compte du Soleil.

III

Troisième mouvement : « J'avoue… des mondes ? »

Une fois de plus, la question de la Marquise permet au narrateur philosophe de poursuivre sa réflexion, de la compléter et de confier sa propre erreur afin de montrer les recherches perpétuelles qu'il fait. Le Soleil ne peut être habité parce qu'il est trop lumineux : son effet de lumière serait trop intense et empêcherait de voir.

Par une question rhétorique, le philosophe narrateur invite la Marquise à poursuivre leur voyage dans le monde des planètes.

Des questions rhétoriques invitent tant la Marquise que le lecteur à prendre part à la réflexion du narrateur philosophe.

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Voir aussi
  • Cours : Entretiens sur la pluralité des mondes, Fontenelle
  • Exposé type bac : Nous allâmes donc un soir après souper nous promener dans le parc.
  • Exposé type bac : Il y avait longtemps que nous ne parlions plus des mondes

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